Cloud et hébergement

Protocole informatique : définition, rôle et liste des protocoles réseau

Globe terrestre filaire relié à un réseau de points lumineux et d'icônes de sécurité

Un protocole informatique est un ensemble de règles qui fixe comment deux appareils échangent des données sur un réseau : format des messages, ordre des échanges, gestion des erreurs et sécurité. Imaginez un manuel de conversation : il dit comment se saluer, poser une question, répondre. Grâce à lui, un ordinateur, un serveur ou un téléphone de marques différentes se comprennent.

Vous trouverez ici une définition simple, la différence entre protocole réseau et protocole de communication, puis la liste des protocoles courants en entreprise dans un tableau : rôle, port et chiffrement de chacun.

Qu’est-ce qu’un protocole informatique ?

Un protocole informatique est une convention commune qui permet à des machines différentes de se comprendre. Il définit le format des messages, l’ordre des échanges, l’identification des appareils et la gestion des erreurs. Sans protocole, un navigateur ne pourrait ni demander une page web ni recevoir la réponse du serveur.

Les protocoles d’Internet sont des standards publics, décrits dans des documents appelés RFC et publiés par l’IETF, l’organisme qui normalise Internet. HTTP, par exemple, est décrit dans la RFC 9110.

À quoi sert un protocole ?

Un protocole sert à communiquer (une langue commune), à fiabiliser (redemander ce qui s’est perdu) et, pour certains, à sécuriser (chiffrer, vérifier l’identité de l’interlocuteur). Pour une entreprise, les connaître aide à repérer un service qui fait encore circuler des mots de passe en clair.

Exemple simple : ce qui se passe quand vous ouvrez un site

  1. DNS : votre ordinateur demande l’adresse IP qui correspond au nom du site ;
  2. TCP/IP : il ouvre une connexion avec le serveur qui porte cette adresse ;
  3. TLS : le serveur prouve son identité et le canal est chiffré ;
  4. HTTP : le navigateur demande la page, le serveur la renvoie. HTTP protégé par TLS, c’est HTTPS.

Protocole réseau ou protocole de communication : quelle différence ?

Les deux expressions désignent souvent la même chose. On parle de protocole réseau pour les règles qui acheminent les données d’une machine à l’autre (IP, TCP, UDP), et de protocole de communication au sens large, y compris pour les applications qui échangent par-dessus (HTTP, SMTP, SIP).

Les couches en bref : le modèle TCP/IP

On range les protocoles en couches, chacune rendant service à celle du dessus. Le modèle TCP/IP, décrit dans la RFC 1122, en compte quatre :

CoucheCe qu’elle faitExemples
ApplicationÉchange le contenu utile : pages, e-mails, fichiers, appelsHTTP, SMTP, IMAP, FTP, SSH, DNS, SIP
TransportLivre les données d’un programme à un autreTCP, UDP
InternetAdresse et achemine les paquets entre réseauxIP, ICMP, IPSec
LiaisonTransmet sur le support physique localEthernet, Wi-Fi

Liste des protocoles informatiques : le tableau récapitulatif

Les protocoles les plus courants en entreprise sont HTTP/HTTPS pour le web, FTP/SFTP pour les fichiers, TCP, UDP et IP pour le transport, TLS, IPSec et SSH pour la sécurité, SMTP, IMAP et POP3 pour la messagerie, SNMP pour la supervision, DNS et DHCP pour le réseau.

Ports par défaut selon le registre de l’IANA ; un administrateur peut en choisir d’autres.

ProtocoleRôlePort courantChiffré ?
HTTPÉchanger des pages web80Non
HTTPSWeb sécurisé (HTTP + TLS)443Oui
FTPTransférer des fichiers20 et 21Non
SFTPTransférer des fichiers par SSH22Oui
TCPTransport fiable, avec connexionsans objetNon
UDPTransport rapide, sans connexionsans objetNon
IPAdresser et acheminer les paquetssans objetNon (IPSec le chiffre)
IPSecChiffrer le trafic d’un VPN500 et 4500Oui
SSHAdministrer un serveur à distance22Oui
SMTPEnvoyer les e-mails25 ou 587Oui avec TLS
IMAPRecevoir les e-mails, gardés sur le serveur143 ou 993Oui sur 993
POP3Recevoir les e-mails, téléchargés110 ou 995Oui sur 995
SNMPSuperviser les équipements réseau161 et 162Oui en version 3
DNSTraduire un nom de domaine en adresse IP53Non, sauf variantes chiffrées
DHCPAttribuer les adresses IP67 et 68Non

À retenir : envoi des e-mails, SMTP ; réception, IMAP ou POP3 ; web sécurisé, HTTPS ; supervision, SNMP ; transport sans connexion, UDP.

Pour savoir ce qu’un attaquant voit de votre entreprise depuis Internet (serveurs publics, VPN, accès distants ouverts), Global SP propose un audit cybersécurité gratuit, mené par un ingénieur.

1. Les protocoles web : HTTP et HTTPS

HTTP est le protocole qui permet à votre navigateur de demander une page web à un serveur et de la recevoir. HTTPS est la même chose, protégée par le chiffrement TLS. Aujourd’hui, tout site professionnel devrait fonctionner en HTTPS, y compris les outils internes de l’entreprise.

▪ HTTP (HyperText Transfer Protocol, ou protocole de transfert hypertexte) : votre navigateur envoie une requête au serveur, qui répond avec une page HTML. HTTP ne chiffre rien : quelqu’un placé entre vous et le serveur peut lire ou modifier les données (attaque de l’homme du milieu, ou man-in-the-middle).

▪ HTTPS (HyperText Transfer Protocol Secure) : il utilise TLS pour chiffrer les échanges et prouver l’identité du site. Mots de passe et coordonnées bancaires sont protégés. Google en fait un signal de classement depuis 2014 (annonce de Google Search Central).

Schéma du protocole HTTPS : HTTP + TLS = HTTPS. Une fenêtre de navigateur HTTP, un bouclier TLS et le résultat : une adresse https:// sécurisée.

2. Protocoles de transfert de fichiers : FTP et SFTP

FTP sert à envoyer des fichiers vers un serveur ou à en récupérer, mais il transmet tout en clair, mots de passe compris. SFTP fait le même travail par une connexion SSH chiffrée. En entreprise, préférez SFTP ou FTPS (FTP protégé par TLS) pour vos échanges avec clients et fournisseurs.

▪ FTP (File Transfer Protocol, ou protocole de transfert de fichiers) : il reste courant pour mettre en ligne les fichiers d’un site web. Il utilise les ports 20 et 21.

▪ SFTP (SSH File Transfer Protocol) : le transfert et l’authentification passent par SSH et sont chiffrés.

3. Protocoles de communication et de transport : TCP/IP et UDP

TCP/IP désigne le couple de protocoles qui fait fonctionner Internet. IP donne une adresse à chaque appareil et achemine les paquets. TCP vérifie qu’ils arrivent tous, dans l’ordre. UDP est l’alternative rapide à TCP : il envoie sans vérifier, ce qui convient à la voix et à la vidéo.

▪ TCP (Transmission Control Protocol, ou protocole de contrôle de transmission) : il établit une connexion, numérote les paquets et renvoie ceux qui se perdent (RFC 9293).

▪ UDP (User Datagram Protocol, ou protocole de datagramme utilisateur) : sans connexion ni contrôle de livraison, il sert au streaming, à la téléphonie sur IP et aux requêtes DNS.

▪ IP (Internet Protocol, ou protocole internet) : il adresse et route les paquets grâce à l’adresse unique de chaque appareil (par exemple 203.0.113.10).

TCP ou UDP : quelle différence ?

TCP privilégie la fiabilité : connexion préalable, accusés de réception, renvoi des paquets perdus. Il convient au web, à la messagerie et aux fichiers. UDP privilégie la vitesse : dans un appel vidéo, une image manquée gêne moins qu’un retard. Côté sécurité, surveiller le trafic TCP/IP aide à repérer intrusions et attaques par déni de service (DDoS).

4. Protocoles de sécurisation des communications : SSL/TLS, IPSec, SSH

Ces protocoles chiffrent les échanges et vérifient l’identité des interlocuteurs. TLS protège le web, la messagerie et de nombreuses applications. IPSec chiffre le trafic entre deux sites ou entre un poste et le réseau de l’entreprise. SSH sert à administrer des serveurs à distance sans exposer les mots de passe.

▪ SSL/TLS (Secure Sockets Layer, puis Transport Layer Security) : ils assurent confidentialité, authentification et intégrité. SSL n’est plus utilisé : l’IETF a déclaré SSL 3.0 obsolète en 2015 (RFC 7568), puis TLS 1.0 et 1.1 en 2021 (RFC 8996). La version actuelle est TLS 1.3.

▪ IPSec (Internet Protocol Security, ou protocole de sécurité Internet) : il chiffre les paquets IP eux-mêmes. On l’utilise surtout pour les VPN, qui relient un site distant ou un salarié en télétravail au réseau de l’entreprise.

▪ SSH (Secure Shell) : accès à distance chiffré à un serveur, pour exécuter des commandes, transférer des fichiers et configurer. L’authentification par clé est plus sûre que le mot de passe. Voir notre article SSH et SSL, deux protocoles de sécurité.

Ces protocoles doivent encore être bien configurés, mis à jour et surveillés : c’est le travail d’une infogérance cybersécurité.

5. Les protocoles de messagerie : SMTP, IMAP et POP3

La messagerie repose sur deux familles de protocoles. SMTP envoie les e-mails et les fait voyager de serveur en serveur. IMAP ou POP3 permettent ensuite au destinataire de les lire dans son logiciel. Dans les trois cas, chiffrez la connexion par TLS pour protéger messages et identifiants.

▪ SMTP (Simple Mail Transfer Protocol, ou protocole simple de transfert de courrier) : votre logiciel remet le message à votre serveur, qui le transmet au serveur du destinataire (RFC 5321).

▪ POP3 (Post Office Protocol version 3, ou protocole de bureau de poste) : il télécharge les e-mails sur l’appareil, où ils restent lisibles hors ligne ; par défaut, il les supprime ensuite du serveur (RFC 1939).

▪ IMAP (Internet Message Access Protocol, ou protocole d’accès aux messages Internet) : il laisse les e-mails sur le serveur et synchronise leur état (lu, classé, supprimé) sur tous vos appareils (RFC 9051).

D’autres protocoles complètent la messagerie : MAPI (Messaging Application Programming Interface), propre à Microsoft Exchange (calendrier, contacts, tâches), XMPP (Extensible Messaging and Presence Protocol) pour la messagerie instantanée et SIP (Session Initiation Protocol) pour la téléphonie sur IP (VoIP) et la visioconférence.

IMAP ou POP3 : lequel choisir ?

En entreprise, choisissez IMAP : les e-mails restent sur le serveur, sauvegardés avec lui, et vous retrouvez la même boîte sur l’ordinateur, le téléphone et le webmail. POP3 ne convient qu’à un seul appareil : s’il tombe en panne, les messages déjà supprimés du serveur sont perdus.

6. Les protocoles de gestion et de supervision

Les protocoles de supervision servent à surveiller un réseau et à diagnostiquer une panne. SNMP interroge routeurs, commutateurs et serveurs sur leur charge et leurs erreurs. ICMP signale les problèmes d’acheminement et sert à la commande ping. Ce sont les outils de base de toute équipe qui surveille un parc.

▪ SNMP (Simple Network Management Protocol, ou protocole simple de gestion de réseau) : il permet de suivre les performances des équipements et de repérer les problèmes. Utilisez la version 3, qui authentifie et chiffre les échanges (RFC 3414).

▪ ICMP (Internet Control Message Protocol, ou protocole de message de contrôle sur Internet) : il signale les erreurs et teste l’accessibilité des appareils. La commande ping en est l’exemple le plus connu.

7. Protocoles réseau : DNS et DHCP

DNS et DHCP font tourner le réseau sans que personne n’y pense. Le DNS traduit un nom comme globalsp.com en adresse IP, comme un annuaire. Le DHCP attribue automatiquement une adresse IP à chaque appareil qui se connecte. Si l’un des deux tombe, plus personne ne travaille normalement.

▪ DNS (Domain Name System) : il associe noms de domaine et adresses IP (RFC 1035). Ses enregistrements MX indiquent aussi quel serveur reçoit les e-mails d’un domaine. Les requêtes circulent en clair par défaut ; DNS sur TLS et DNS sur HTTPS les chiffrent. Un DNS détourné peut envoyer vos utilisateurs vers un faux site.

▪ DHCP (Dynamic Host Configuration Protocol, ou protocole de configuration dynamique des hôtes) : il donne à chaque appareil son adresse IP, sa passerelle et ses serveurs DNS (RFC 2131). Un faux serveur DHCP branché sur le réseau peut détourner le trafic ; les commutateurs professionnels savent le bloquer.

▪ Kerberos : protocole d’authentification réseau, celui des domaines Windows (Active Directory). L’utilisateur prouve une fois son identité et reçoit des « tickets » pour accéder aux autres services sans renvoyer son mot de passe (RFC 4120).

Pourquoi les protocoles comptent pour la sécurité de votre entreprise

Chaque protocole ouvert sur votre réseau est une porte. Ceux qui circulent en clair exposent mots de passe et données à quiconque intercepte le trafic. Les sécuriser demande surtout de la méthode : remplacer les anciens protocoles, chiffrer, fermer les ports inutiles et surveiller ce qui passe.

  • Remplacez HTTP par HTTPS, FTP par SFTP, Telnet par SSH, et activez TLS sur la messagerie.
  • Fermez les ports inutiles : un pare-feu (firewall) filtre les protocoles autorisés entre Internet et votre réseau.
  • Passez à SNMPv3 et surveillez le trafic : un volume inhabituel sur un port est souvent le premier signe d’une attaque.

Le guide d’hygiène informatique de l’ANSSI détaille 42 mesures pour sécuriser un système d’information.

Et chez Global SP ?

Ces protocoles, nos ingénieurs les exploitent chaque jour. Depuis 2000 et depuis Paris, ils supervisent 24/7 les réseaux, serveurs et messageries de leurs clients. Avec notre infogérance informatique pour PME, votre parc est cartographié, suivi dans la durée et maintenu de façon préventive. Nous installons et administrons aussi vos pare-feu, avec notre partenaire ESET.

Confier votre réseau à nos ingénieurs : demander un devis

Questions fréquentes sur les protocoles informatiques

C’est quoi un protocole en informatique ?

C’est un ensemble de règles qui permet à deux appareils d’échanger des données de façon compréhensible et fiable : format des messages, ordre des échanges, contrôle des erreurs.

Quels protocoles utilise un client de messagerie ?

SMTP pour envoyer les e-mails, IMAP ou POP3 pour les recevoir, et TLS pour chiffrer la connexion avec le serveur.

Quel protocole assure une communication chiffrée entre un ordinateur et un serveur ?

HTTPS, c’est-à-dire HTTP protégé par TLS : les informations sont chiffrées avant d’être envoyées.

Quelle est la différence entre IMAP et POP3 ?

IMAP laisse les messages sur le serveur et synchronise tous vos appareils. POP3 les télécharge sur un seul appareil et, par défaut, les supprime du serveur.

Quels sont des exemples de protocoles informatiques ?

HTTP, HTTPS, FTP, TCP, UDP, IP, SMTP, IMAP, SSH, DNS et DHCP.

Un protocole informatique fixe les règles d’un échange entre machines. Connaître les principaux, savoir lesquels chiffrent vos données et remplacer ceux qui circulent en clair ferme déjà bien des portes. Pour un réseau suivi au quotidien par des ingénieurs basés à Paris, demandez un devis d’infogérance (réponse sous 24 h ouvrées).

L’audit cybersécurité gratuit et sans engagement de Global SP vous dit ce qu’un attaquant voit de votre réseau depuis Internet. Un ingénieur passe en revue avec vous vos serveurs publics, vos VPN et vos accès distants ouverts, puis vous remet un rapport court, avec une note de A à E et vos priorités classées en urgent, important et à surveiller. Le rapport vous reste, que vous travailliez ensuite avec nous ou non.

← Retour au blog
Parlons technique

Une question sur votre infrastructure ?

Pas un ticket qui disparaît. Un ingénieur, un vrai, disponible en moins de 15 minutes en moyenne.

Réserver un diagnostic 01 44 70 48 48
Demander un audit gratuit